Bref historique

Badcass est un atelier typographique (letterpress) situé à Quimperlé dans le sud du Finistère en Bretagne. Il est équipé d’un labo pré-presse pour la gravure des clichés, de 5 presses à platine Heidelberg (Original T et GT ) dont une équipée pour le marquage à chaud, d’une presse Vandercook SP33 Power et de matériel de façonnage.
Depuis 2010 Badcass a pour vocation de faire découvrir en France le letterpress : procédé d’impression qui depuis le début des années 2000 connaît un regain d’intérêt aux États Unis, en Angleterre, en Australie…
Si en France, il y a toujours eu des ateliers typographiques -souvent très prestigieux- Badcass de son côté a apporté une « American Touch » qui manquait.
Fer de lance du letterpress hexagonal, Badcass a été la première imprimerie en France à proposer l’intégralité des couleurs Pantone sur tranches (rendu mat), une finition qui, couplée à d’illustres techniques comme le gaufrage ou le marquage à chaud, magnifie l’imprimé.

En 2014, Badcass a reçu un prix (FPO Award) dans la catégorie Letterpress, ‘An example of the best print work produced around the world in 2013/2014’, fruit du design de l’agence Murmure et de l’impression (couleur Pantone + gaufrage + marquage à chaud) dans l’atelier pour la papeterie de DHD architectes ( Billard-Durand).

Badcass bénéficie d’une réputation internationale, avec des clients dans 21 pays dans le monde.

 

L’atelier

Le cadre de travail est très important : vieilles pierres apparentes, bois érodés, éclairages atypiques, parquets centenaires, fers bistrés, fontes séculaires, casses de caractères en bois, marbres épais, effluves d’encre et de graisse… Nos murs sont chargés d’histoires depuis 1806, date de la construction de la bâtisse qui abrite l’atelier.

Pour le letterpress, la machine de prédilection est la presse à platine Heidelberg dont la fabrication a cessé en 1986.
L’atelier dispose de 5 presses à platine Heidelberg, une de 1964, deux de 1963, une GT de 1962 (la plus grosse des platines) et une cinquième plus « moderne » de 1978 équipée en dorure à chaud.

Ajoutez à cela une presse à épreuves Vandercook (machine emblématique du letterpress aux Etats-Unis), un modèle automatique rare de 1961 ( 3 modèles recensés dans le monde, et son numéro de série indique qu’elle est l’antépénultième de cette série de machines) et vous avez un atelier tout droit sorti des années 60. C’est à dire pas d’électronqiue mais de l’électomécanique; des machines sans obsolescence programmée, du matériel lourd et increvable doté d’une précision chirurgicale.

 

 

Répondre aux exigences

Le letterpress est une technique d’impression artisanale d’une grande précision de repérage et de respect des couleurs, particulièrement adaptée à l’impression de documents qui doivent se distinguer : cartes de visite, cartes de correspondance, invitations, cartes de vœux, faire-part de mariage et de naissance… Une approche plus tactile de l’imprimé pour une communication plus forte.
Une carte de visite ou de correspondance plus qu’un simple support de coordonnées est une représentation de soi, une trace effective qui résume en un coup d’œil et d’une prise en main votre personnalité, votre professionnalisme.
Les invitations, les faire-part, les vœux véhiculent la politesse et le respect et doivent refléter le prestige à la hauteur de l’événement qu’ils annoncent.
Lire également :« Les points forts du letterpress ».

 

 

Pour conclure

« L’impression typographique -ou letterpress en anglais- permet dans le domaine de la présentation (cartes de visite, invitations) d’ajouter à l’impact visuel d’une création un sens que l’impression offset ne met pas forcément en exergue : le toucher car en plus de la grande variété de papiers disponible s’additionnent différents procédés en relief ou en creux qui marquent le support. A l’instar du son qui accompagne les images, plus on capte de sens, meilleur est l’impact de communication.
Le letterpress est un procédé d’impression qui a ses faiblesses et contraintes, les trames -donc la quadrichromie- et les aplats avec réserve ne sont pas son fort… l’occasion de redécouvrir la création graphique sans user de la photographie par exemple. La composition graphique comme force de frappe, un retour aux sens en tant que connaissance (la capacité intuitive) et fonction (le toucher).
 Loin de la production industrielle sans âme, l’imprimé devient dès lors objet. »
Philippe Gully

 

 

À propos de Philippe Gully

Philippe Gully est originaire de Nancy

(1982-1985) : Titulaire d’un CAP de conducteur typographe et offset. Il a occupé des postes de conducteur offset 4 couleurs entre 1985 et 1999 à Nancy, Metz, Grenoble et Paris.

1999 : Féru de nouvelles technologies, il se lance dans l’aventure Internet, il quitte le milieu de l’imprimerie ( il chie dans le cassetin aux apostrophes comme on dit dans le jargon) et cofonde avec Tristan Philippe le site/portail Praktica (1999-2010) destiné aux créatifs de la communication (Web, Print et Motion). En tant que (ir)responsable éditorial (ses longs éditos aussi barrés que hebdomadaires ont fait date), il s’intéresse de plus près au travail des graphistes en organisant des concours (20 secondes d’imagination, Accroche-toi) et une dizaine d’événements tels que les innovants By Designer 4 Designer à Paris, Lille et Toulouse (présentation publique de travaux de créatifs web, print et motion), le Match Graphique (compétition ludique de graphistes sur Photoshop) à l’Apple Expo et au salon Intergraphique en partenariat avec Adobe et Apple.
Auteur de comptes-rendus de manifestations autour du design interactif (Flash Festival, Numer, BD4D, H2PTM conférences du laboratoire Paragraphe de l’université Paris 8, etc…), il participe à son tour en tant qu’intervenant à des conférences sur le webdesign (Centre Beaubourg, Salon Intergraphique, Web Festival International, Numer.02).

2000-2012 : Work addict et musicien autodidacte, il crée parallèlement une activité de musicien à l’image. Il réalise des musiques de spots (TV) publicitaires pour la marque Krups et enchaîne avec plus d’une centaine de projets (tv, web, radio, cinéma) pour des grands comptes dont entre autres : Nike, Citizen, Chaumet, Cartier,  France 2, Orange, Diesel, Nina Ricci, Nokia, Paco Rabanne, Bavaria, Total, Vuitton, Toyota, Aeroports de Paris, Lacoste, Pfizer, Thales, Axe, etc …
Après 15 années passées à Paris, il finit par s’installer en Bretagne en 2005.

2010 : Il fonde – avec Jessica Hosgood – l’atelier d’impression typographique Badcass.

Il reçoit le « Best print work produced around the world in 2013/14 » by FPO awards (USA).

2020 : Parallèlement à son activité d’artisan imprimeur au sein de Badcass (en solo depuis 2018), il fonde l’écurie sonore « Ami Du Cheval Électrique ».

Quant à la suite…

2058 : Il décède légèrement des suites d’une exposition à une éruption solaire lors d’une partie de golf improvisée sur la Lune. La balle en mousse grise tendant à rendre les parcours plus longs.

2322 : Les progrès en transhumanisme et autres nanobiofluidoquanticotechnologies ont permis de régénérer (à son insu) son cerveau qui a été greffé sur un droïde (modèle Xen567, gris métallisé avec les liserés de couleur jaune et demi-coques bordeaux), il relance l’atelier Badcass sur Mars malgré le refroidissement climatique avec les presses d’origines -toujours en état de marche- dans un environnement finalement assez proche de la Bretagne.

5620 : Il disparaît définitivement des suites d’un saut à l’élastique improvisé (les rotules fabriquées par Renault ont cédées) à l’arrière du vaisseau transgalactique Human Zero.